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Journée internationale des droits des femmes : une réalité moins visible en détention

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, il est utile de porter un regard sur une réalité moins documentée dans le débat public, parmi lesquelles celle des femmes détenues.

En Belgique, les femmes représentent environ 4 à 5 % de la population carcérale. Cette proportion relativement limitée peut contribuer à une moindre visibilité de leurs situations spécifiques dans l’organisation globale du système pénitentiaire.


Aujourd’hui, les femmes détenues sont accueillies dans des quartiers dédiés au sein de plusieurs établissements pénitentiaires, notamment à Haren, Lantin, Mons ou encore Marche‑en‑Famenne. Depuis la fermeture de la prison de Berkendael en 2022, il n’existe plus d’établissement pénitentiaire exclusivement réservé aux femmes dans le pays.

Le caractère minoritaire de cette population entraîne plusieurs conséquences concrètes.


Sur le plan géographique, le nombre limité d’établissements accueillant des femmes implique qu’elles peuvent être réparties sur différents sites à travers le territoire. Cette situation peut entrainer des contraintes logistiques pour le maintien des liens avec les proches, ainsi que certaines démarches liées à la préparation de la sortie.


Au sein des établissements, les quartiers dédiés aux femmes sont généralement de taille plus réduite et intégrés dans des structures conçues à l’origine pour une population majoritairement masculine. Cette configuration implique des modalités organisationnelles adaptees pour l’accès aux activités, aux services ou aux espaces communs.


Les travaux de recherche consacrés aux femmes incarcérées mettent également en évidence des parcours souvent marqués par des vulnérabilités multiples, telles que des expériences de violences antérieures, des situations de précarité socio‑économique ou encore des fragilités en matière de santé mentale.


La préparation à la sortie, une étape structurante

Comme pour toute personne détenue, la préparation à la sortie constitue une étape structurant du parcours.
La réinsertion implique en effet de reconstruire plusieurs dimensions de la vie quotidienne : logement, emploi, santé, ainsi que les liens familiaux et sociaux.

Dans cette perspective, la Belgique a développé ces dernières années le modèle des Maisons de transition. Ces structures offrent un cadre permettant une transition progressive vers la vie en société, dans un cadre structuré combinant accompagnement individualisé, responsabilisation et apprentissage de l’autonomie.


L’exemple de la Maison de transition d’Enghien

Dans ce cadre, ORS – A Serco Company assure l’exploitation d’une Maison de transition située à Enghien. Cette structure s’inscrit dans le dispositif belge de transition entre la détention et la vie en société, en proposant un accompagnement axé sur la préparation à la sortie et la réintégration progressive dans l’environnement social et professionnel.


À ce jour, ces dispositifs accueillent des résidents masculins. Les constats issus de la recherche et du terrain soulignent toutefois que les femmes détenues présentent des réalités sociales, familiales et de santé spécifique. La réflexion sur l’adaptation des dispositifs de transition à ces différents profils constitue un enjeu important pour l’évolution future des modèles de réinsertion.


Faire évoluer les dispositifs dans le temps

La Journée internationale des droits des femmes est également l’occasion de rappeler que les politiques publiques et les dispositifs d’accompagnement évoluent avec les besoins identifiés et les enseignements tirés de l’expérience.


Dans le champ de la justice et de la réinsertion, le développement de réponses adaptées aux différents parcours, y compris ceux des femmes détenues, contribue à soutenir des trajectoires de sortie plus structurées et durables, au bénéfice des personnes concernées et de la société dans son ensemble.

Journée internationale des droits des femmes : une réalité moins visible en détention

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